La banque Barclays cesse de financer directement le pétrole et le gaz

Barclays Bank Ceases Direct Financing for Oil and Gas (cropped). Matt Brown, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.


Temps de lecture: 3 minutes

Barclays prend des mesures audacieuses : cesse de financer directement de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et renforce son engagement en faveur d'alternatives vertes

Londres – Dans une démarche révolutionnaire, Barclays, le principal prêteur britannique de l'industrie pétrolière et gazière, a annoncé un changement transformateur dans sa stratégie de financement de l'énergie, ce qui a des répercussions sur le secteur du financement de projets pétroliers et gaziers. Le géant bancaire a révélé son intention de mettre fin au financement direct des nouveaux gisements de pétrole et de gaz et d’imposer des restrictions sur les prêts aux sociétés énergétiques impliquées dans l’expansion de la production de combustibles fossiles.

Barclays décision de finance durable n’est pas seulement un pivot stratégique pour la banque ; c'est un moment qui fait écho à l'appel mondial en faveur d'une finance durable. Le Transition Finance Framework (TFF), dévoilé vendredi, décrit les mesures globales que Barclays prend pour s'aligner sur les objectifs environnementaux, en réponse à la pression croissante des militants environnementaux.

Dans le cadre du TFF, Barclays s’apprête à réduire le financement direct des nouveaux gisements de pétrole et de gaz, marquant ainsi une étape définitive en faveur d’alternatives plus vertes. Cette décision témoigne d’une tendance plus large dans le secteur financier, où les grandes institutions réévaluent de plus en plus leur implication dans des secteurs contribuant de manière significative au changement climatique.

Barclays rejoint un groupe restreint d'institutions financières dans le resserrement des prêts au secteur pétrolier et gazier tout en s'engageant simultanément à soutenir davantage les initiatives en matière d'énergies renouvelables. La banque vise à consacrer 1 000 milliards de dollars à des projets de prêts durables d’ici 2030, reflétant ainsi son engagement à favoriser un avenir plus propre et plus durable.

Même si Barclays ne fait pas partie des principales banques de financement de projets au monde, sa décision de mettre fin au financement des combustibles fossiles crée un puissant précédent. Les implications pour le secteur du financement de projets pétroliers et gaziers sont importantes, dans la mesure où cette décision pourrait inciter d’autres acteurs majeurs à adopter des restrictions similaires. L’industrie pourrait constater une réduction des options de financement pour les nouveaux projets pétroliers et gaziers, ce qui rendrait plus difficile pour les entreprises du secteur d’obtenir du financement.

La décision de Barclays souligne également une évolution plus large du secteur financier vers le soutien à des projets qui promeuvent la durabilité environnementale. Cette démarche va au-delà de l’atténuation des risques ; il positionne Barclays comme un pionnier de la finance durable, attirant les investisseurs et les clients soucieux de l'environnement.

Alors que Barclays se désinvestit des projets liés aux combustibles fossiles, elle s’engage simultanément à réorienter son soutien financier vers des initiatives liées aux énergies renouvelables. Ce réalignement stratégique s'aligne sur les objectifs mondiaux visant à accroître les investissements dans les sources d'énergie propres et durables, favorisant ainsi l'innovation et la croissance dans le secteur de l'énergie verte.

La nouvelle politique introduit des restrictions supplémentaires, notamment une interdiction de financement des activités d'exploration et de production en Amazonie. De plus, à partir de juin 2024, Barclays cessera de financer les entreprises qui tirent plus de 20 % de leur production de sources non conventionnelles, comme les sables bitumineux.

Toutes les entreprises clientes de Barclays dans le secteur de l'énergie doivent présenter des plans de transition ou des stratégies de décarbonation d'ici janvier 2025. Cela comprend la définition d'objectifs de réduction des émissions de méthane pour 2030 et un engagement à mettre fin à toutes les émissions et torchages non essentiels d'ici 2030. Les clients doivent établir un taux net net à court terme. -objectifs alignés sur zéro pour les émissions de scope 1 et 2 d’ici janvier 2026.

Daniel Hanna, responsable de la finance durable, de la banque de financement et d'investissement de Barclays, a souligné le processus d'évaluation méticuleux des plans de décarbonation des clients, prenant en compte plus de 80 variables. Plus tôt cette année, Barclays a formé un nouveau groupe de transition énergétique pour fournir des conseils stratégiques à ses clients, couvrant un spectre allant des énergies renouvelables aux solutions basées sur la nature et au captage du carbone.

Même si les défenseurs de l'environnement accueillent cette décision comme un pas en avant significatif, des inquiétudes demeurent, notamment concernant le financement passé de Barclays dans le domaine de la fracturation hydraulique. L'investisseur danois Sparinvest a reconnu les « nouveaux engagements importants » de la banque mais a appelé à des mesures supplémentaires, soulignant la nécessité de mesures supplémentaires, en particulier concernant les actifs à court terme.

Barclays, autrefois considéré comme le plus grand bailleur de fonds de combustibles fossiles en Europe, fait de grands progrès dans la réduction de son impact environnemental. La banque fait état d’une baisse de 32 % des émissions liées à ses prêts au secteur de l’énergie entre 2020 et 2022, dépassant ainsi son objectif de réduction de 15 %.

Alors que Barclays mène la charge en matière de finance durable, sa décision ouvre la voie à une transformation plus large du secteur. Le secteur financier reconnaît de plus en plus l’importance de s’adapter aux attentes changeantes des consommateurs et des investisseurs et d’embrasser un avenir défini par des alternatives énergétiques plus propres et plus durables.

Le plus lu :

Go up